Navigation antique

La fondation de Rome, en 753, a eu lieu a environ 30 Km de la mer, dans l’arrière-pays. À l’époque, la côte était dominée par les Étrusques, installés au-delà du Tibre, jusqu’à son embouchure.

Rome dût patienter quatre siècles durant avant d’imposer sa domination sur la Méditerranée et de destituer les peuples de l’Étrurie Méridionale. À partir de ce moment-là, les Romains commencèrent à sillonner les côtes de la Méditerranée, c’était le début d’une période de prospérité sans égal.

À son apogée, la ville était peuplée de plus d’un million de personnes. Un marché extraordinaire qui produisit rapidement un dense réseau commercial et relationnel nécessaires à garantir la subsistance alimentaire et l’exploitation des matières premières importées des colonies. Un trafic maritime régulier de produits lourds sur grande distance, grâce à la construction d’embarcations très perfectionnées et d’un port commercial moderne. Il est aujourd’hui possible de déterminer les routes commerciales suivies par les anciens grâce aux pièces archéologiques retrouvées dans les fonds marins. Les amphores représentent en particulier de véritables fossiles guides, capables de témoigner de l’extension du commerce maritime romain et de la variété des marchandises transportées : vin, huile, blé et céréales, fruits, dattes et garum.

La route commerciale la plus célèbre et la plus importante pour le volume des commerces de l’Antiquité allait de Rome à Alexandrie, parcourue par des navires chargés de blé. Celle qui du sud de l’Espagne ravitaillait l’Urbe en huile et en « garum », une sauce à base de poisson très utilisée en cuisine, comptait beaucoup aussi. Enfin, la célèbre « route du vin » partait du sud de la France et menait à Rome.

Rilievo

Les routes commerciales devaient toutefois prendre en compte les routes naturelles, déterminées par les vents. Pline l’ancien nous donne quelques exemples : deux jours pour aller d’Ostie en Afrique (Cap Bon), six jours pour atteindre Alexandrie en passant par le détroit de Sicile, sept jours pour traverser toute la Méditerranée occidentale de Cadix à Ostie. En cas de mauvais temps ou d’adversité, il va de soi que les voyages pouvaient être bien plus longs : Strabone raconte une traversée Espagne-Italie ayant duré trois mois.

La navigation antique était généralement une navigation empirique. Pour s’orienter, les marins devaient compter sur leur intuition et leur capacité de percevoir les messages de l’environnement qui les entourait : les points de repères astronomiques et environnementaux et les préceptes de l’expérience remplaçaient la navigation aux instruments.

Les Romains voyageaient par mer jour et nuit, affrontant des navigations en haute mer hors de la méditerranée aussi. Le jour, la route était établie en se basant sur la position du soleil ; la nuit, les astres et les phares facilitaient l’orientation.

Malgré les difficultés et les limites imposées par la nature, il était beaucoup mieux de voyager en bateau que d’utiliser les transports terrestres, lents, inconfortables et dangereux, avec une capacité de cargaison moindre.

Pour comprendre l’histoire de la Rome Antique nous ne pouvons donc pas ignorer son rapport à la mer, véhicule de relations politiques et commerciales qui auront des conséquences importantes dans le développement des arts, des sciences et plus généralement dans le renforcement d’une identité culturelle forte.

Au fil de notre croisière nous parlerons de tout cela et de beaucoup d’autres choses, en navigant dans les eaux de cette splendide mer turquoise qui, au cours de ces deux mille ans d’histoire, a su maintenir intact son charme naturel.